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Se reconvertir à 35 ans : le témoignage d’une ingénieure

Quand votre travail est devenu un tel fardeau que vous envisagez de tout plaquer, il reste toujours cette peur de l’inconnu pour vous retenir. Changer, mais pour quoi, où, comment, quand ? Se reconvertir à 35 ans, est-ce encore possible ? Trop de questions semblent sans issue. Et pourtant, si l'on m’avait offert la réponse sur un plateau d’argent il y a 5 ans, je n’y aurais pas cru. Il me fallait passer par bien des étapes afin de trouver la solution en parfait accord avec celle que je suis.

Un besoin viscéral

Je m’appelle Elorri, j’approche les 35 ans et jusqu’à l’année dernière, j’avais ce que l’on appelle une belle carrière. J’ai exercé 10 ans en tant qu’ingénieure dans l’industrie, responsable de projets et manager de plusieurs dizaines de personnes.

Et pourtant, en pleine crise COVID ma vie a pris un tournant radical. J’ai pris la décision de changer complètement de voie. De recommencer à zéro.

se reconvertir a 35 ans

Aujourd’hui encore j’essaie de bien m’entourer. Je sais que je ne pourrais pas avancer longtemps seule. Je cherche mes personnes-ressources, des êtres de confiance et compétents dans leur domaine. Tout cela, je l’ai appris grâce à de bons conseils et l’expérience, mais un peu tard, alors afin de vous faire gagner ce temps précieux, commencez par là. Le reste suivra.

Je me suis souvent demandé pourquoi je n’arrivais pas à trouver satisfaction dans mon métier. Après tout, j’avais une situation confortable, des collègues formidables, un job aux responsabilités riches et variées, tout ceci en bord de mer ! J’avais tout ce que je souhaitais. Enfin, sur le papier.

Dans les faits, la seule chose que je finissais par voir de mon travail, c’était sa laide finalité. Œuvrer dans l’objectif de réduire des coûts, embaucher moins d’humains au profit des machines et de processus bien huilés. Je ne voyais pas en quoi ce que je faisais était utile. J’étais malade du peu de sens qu’avait ma vie professionnelle.

Des signaux longtemps étouffés

Bien évidemment, les choses ne se font pas sans heurts dans la vie. Mon conjoint a un travail assez atypique, sans filet de sécurité sociale ni financière. J’étais la « caution » du couple. Avec mon éducation on ne peut plus classique, je me débattais donc avec mon obsession première : l’argent ou la peur de devoir se priver.

Ne plus voyager, ne plus pouvoir aller au restaurant (je suis une gastronome passionnée), ne plus pouvoir m’offrir 3 livres ou un blouson, bref, devoir tout calculer. Ce n’était pas une solution envisageable et en même temps, je savais bien que tout cela était superficiel. Que ce n’était pas ce qui me garderait épanouie et en bonne santé !

La preuve, en juin 2018, pour la première fois de ma vie, je finis à l’hôpital et 2 h plus tard, je subissais une intervention chirurgicale d’urgence. Sans m’attarder sur ce qui m’est arrivé, je m’en suis terriblement voulu d’en être arrivée là pour enfin commencer à me poser les bonnes questions…

Ainsi, le signal d’alarme est venu de mon corps. Il m’a forcé à m’arrêter 1 mois, à ralentir 3 mois de plus et à reconsidérer ma façon de vivre. Je ne vais pas vous mentir, il m’a fallu 2 rechutes en l’espace de 2 ans (dont l’une à 5 mois de grossesse) et un plan social avant de vraiment franchir le pas et de m’avouer à moi-même que ça ne pouvait plus durer.

De la difficulté de passer à l’acte

On pourra parler de synchronicité, d’alignement des planètes ou d’opportunité, le résultat reste le même, c’était le moment parfait pour agir et je l’ai saisi à bras le corps. J’ai décidé de choisir la vie, sans regret.

Une fois cette étape intégrée, il m’a fallu me confronter à mes peurs. À ce qui me faisait repousser l’échéance d’une reconversion. J’ai déjà parlé de mon rapport à l’argent, mais je devais également faire face à une seconde barrière psychologique : le jugement de ceux que j’aime.

L’aval de mon conjoint et de mes parents m’était indispensable. Mais je savais que portés par la peur, ils pouvaient casser mon élan et ma confiance en ce projet. D’autant plus qu’à ce stade, je percevais déjà mon désir de travailler à mon compte. D’abandonner le salariat.

J’ai donc étudié de manière très structurée et posée mes capacités financières et ce que je devais mettre en place sur l’année à venir afin d’envisager sans stress le lancement d’une nouvelle activité. J’avais anticipé leurs arguments ; protection sociale, baisse de revenu, où vas-tu trouver des clients et y a-t-il vraiment des besoins ? J’ai pu lever tous les doutes, finalement plus pour moi que pour eux, car contre toute attente, ils ont été très ouverts et m’ont encouragé.

Trouver sa voie, un cheminement

un cheminement vers la reconversion

Le risque à ce stade était de me lancer tête baissée, emportée par mon enthousiasme et l’euphorie du moment. Ma vie devait changer. Oui, mais pour quoi faire ? Comment procéder ? Je ne voyais pas du tout où aller, mais j’avais une vague idée de comment me reconvertir à 35 ans.

Je souhaitais prendre le temps de m’écouter et de réfléchir. C’était aussi une façon de m’assurer de disposer des meilleures armes afin de me rebooster, car je suis réaliste et je sais qu’à certains moments, l’optimisme se carapate ! Je voulais pouvoir me souvenir que j’étais bien sur la bonne voie.

Mais comment procéder alors ? En ce qui me concerne, le processus fut délibérément long. Le premier confinement a anticipé d’un mois mon congé maternité et j’y ai vu l’opportunité de commencer à mettre sur papier beaucoup d’idées et de réflexions, mais ce n’était pas fait dans une logique de résultat.

Ce n’est finalement que 5 mois plus tard que j’ai repris mon cahier et que j’ai été capable de construire des ponts entre ces mots. En avançant seule, j’ai commis des erreurs.

Se poser les bonnes questions

La plus grande fut de penser que le simple fait d’identifier et de transposer mes compétences ailleurs suffirait à mon épanouissement. Un ailleurs dont l’objectif affiché était de soigner les gens. J’étais obnubilée par le besoin de faire quelque chose qui ait du sens. Mais, je n’avais pas compris ce que cela signifiait profondément pour moi.

se poser les bonnes questions

Heureusement, j’ai fait une pause, un pas de côté et je me suis écoutée. J’ai vite ressenti le même malaise que par le passé. C’était le signal que je faisais fausse route et que je m’étais éloignée de mes valeurs et de mes besoins. J’ai repris mon cahier au début et j’ai décidé de trouver mon Ikigai.

Tout était déjà sous mes yeux, mais je ne l’avais pas considéré à sa juste valeur. À partir de là, les choses se sont vite enchainées. J’ai effectué des recherches sur le Net, j’ai trouvé et comparé un tas de formation afin de devenir rédactrice web.

J’ai rencontré des web-entrepreneurs et des freelances pour me confronter à la réalité de cet univers et en étudier les débouchés au sein de mon réseau. La machine était lancée, tout se mettait en place.

S’offrir une vie meilleure

Aujourd’hui, je me sens chanceuse. Moi qui ne jurais que par une séparation nette entre la maison et le bureau, je me retrouve à travailler le soir, pendant les siestes de mon fils les week-ends et à avoir des idées à tout moment de la journée.

En plus de m’offrir la possibilité d’exercer un emploi qui me divertit et m’apprend beaucoup, j’ai trouvé une flexibilité inespérée et libératrice quand on est maman solo à mi-temps.

Avant, je me disais que ce devait être terrible de ne pas pouvoir couper du travail. Maintenant, je ne vois plus les choses de la même manière. Mon travail et ma vie ont fusionné et se nourrissent l’un l’autre et je me sens totalement en harmonie ainsi.

Si c’était à refaire, le dernier conseil d'une reconvertie 

Je m’y prendrais autrement. J’ai perdu de nombreux mois, mais surtout beaucoup d’énergie ! J’aurais gagné à être bien accompagnée et guidée dans mes questionnements. Je n’aurais pas eu à porter seule toute la pression.

Les femmes ont ce tort de ne pas demander d’aide, c’est notre manière de prouver notre force.

Mais qui s’en préoccupe en réalité ?




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