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Comment échapper à la peur de l’échec ?

N’est-ce pas l’une des raisons (voire l’unique ?) pour lesquelles nous repoussons sans cesse le moment de passer à l’action ? Le livre « Les vertus de l’échec » par Charles Pépin et ses enseignements peuvent s’appliquer à toutes les épreuves de la vie. En particulier la peur de l'échec. Mais j’y vois surtout un merveilleux outil dans le cadre d’une remise en question professionnelle.

Et surtout, chacun peut s’y reconnaître et sortir de cette lecture gonflé d’optimisme, c’est pourquoi je souhaite la partager avec vous pour vous aider à dépasser la peur de l'échec qui nous bloque tellement. Voici donc comment l’auteur nous pousse à reconsidérer l’échec et à ne plus le percevoir avec nos yeux d’enfants obéissants.

résumé du livre "les vertus de l'échec" de Charles Pépin

Comprendre les origines de nos craintes

Une éducation trop rationaliste

Notre éducation s’appuie majoritairement sur un apprentissage théorique. Nous cherchons à acquérir des diplômes, validant aux yeux de tous nos qualités. À l’inverse, aux États-Unis il existe une vraie culture de l’échec. À tel point qu’il est considéré comme indispensable de se casser les dents au moins une fois avant de réussir dans la Silicon Valley !

Nous sommes donc éduqués à suivre et à appliquer les règles, celles-ci étant gage de succès. Cette vision rate pourtant quelque chose de majeur. La raison ne nous prépare en rien à la difficulté et nous laisse bien vulnérables face à la réalité. Seule l’expérience nous arme intellectuellement et émotionnellement contre les soubresauts de la vie, nous rend plus réactifs, mais aussi plus résilients.

Pour bien comprendre cela, l’auteur s’appuie sur l’exemple de deux destins croisés. Ceux des tennismen Gasquet et Nadal. Le premier a tout gagné dans sa jeunesse. Une référence absolue et une domination écrasante sur les cours. Le second a connu de nombreuses défaites (face au français entre autres) dont il a su tirer les leçons. Pendant que Gasquet s’effondrait dans les classements ATP, l’espagnol poursuivait son ascension, jusqu’à devenir celui que nous connaissons aujourd’hui comme l’un des meilleurs, voire le meilleur joueur de tennis de tous les temps. 

Une société qui étouffe l'originalité et l’audace

Retournons sur les bancs de l’école afin d’analyser le rituel de la correction des devoirs. Chaque jour, le professeur s’attache à expliquer ce qu’il fallait faire pour obtenir le bon résultat. Il ne prend pas la peine de comprendre les raisons pour lesquelles l’élève a fait fausse route. Je généralise pour plus de clarté, mais heureusement il existe aujourd’hui quelques enseignants passionnés dont l’approche déroge à cette règle.

Aux Pays-Bas, la démarche est toute autre. Là-bas, échouer à un exercice n’est pas perçu comme un échec, mais comme un passage obligé vers la compréhension. Les erreurs doivent être analysées afin de mettre en avant les points forts spécifiques à chaque enfant. C’est seulement ensuite qu’il est possible de s’attaquer à ce qui ne fonctionne pas. Ainsi, en s’intéressant à chaque individu, à sa façon de penser, unique et originale, le professeur peut guider l’élève et lui permettre de tirer le meilleur de lui-même.

L’acquisition des savoirs est une étape nécessaire et offre un socle rassurant, mais il est insuffisant. L’écrivain explique que pour créer ou construire quelque chose de nouveau, il nous faut partir de ce que nous savons pour nous en éloigner. Exercice difficile dans une société qui exige une soumission aux normes et qui bride nos élans. Comment s’en libérer ? En faisant preuve d’audace ! L’audace nous donne le courage de nous lancer malgré la peur de l’inconnu.

“Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie.” Johann Wolfgang von Goethe (poète, dramaturge, romancier, scientifique, homme d'État, directeur de théâtre et critique.)

Notre incapacité à lâcher prise  

Marc Aurèle, ancien empereur de Rome et philosophe stoïcien recommande de lâcher prise pour « tout ce qui ne dépend pas de soi ». En partageant ce texte et cette pensée ancienne, l’écrivain nous présente une manière de mieux vivre une défaite et de moins la redouter. Il souhaite ainsi nous amener à oser malgré la peur de l’échec.

Pour cela, il faut donc se libérer de toutes les pensées parasites qui tentent de déterminer si ce qui nous arrive est juste ou pas. En effet, après une défaite, nous gaspillons beaucoup de temps et d’énergie pour des choses sur lesquelles nous n’avons aucune prise. Son conseil : accepter ce qui est. Se concentrer sur ce qui dépend de nous.

Entendre que les épreuves ouvrent d’autres horizons

Dans cette partie du livre, peut — être bien ma favorite, l’auteur et philosophe nous emmène à la rencontre du peuple grec et de sa conception d’une crise existentielle. Pour comprendre leur rapport à ces difficiles instants de l’existence, il faut se pencher sur l’étymologie du mot.

La crise ou "kaïros" vient du verbe séparer. Ainsi, lors d’une épreuve, deux éléments se séparent et ouvrent une fenêtre. À travers elle, il est alors possible de voir quelque chose qui nous était jusqu’ici dissimulé ! Il n’est donc pas nécessaire d’attendre que les planètes s’alignent pour agir.

Le terme kaïros était associé à ces moments où la vie se révèle à nous d’une manière totalement nouvelle, ce que nous pouvons communément appeler une occasion favorable ou un moment opportun. Les Grecs voyaient donc dans toute crise, non pas la fin de quelque chose, mais une étape de vie indispensable afin de percevoir et de comprendre ce qui nous faisait défaut jusque-là. En franchissant ce palier, nous grandissons.  

Se réaliser et devenir soi-même comme récompense

Ces quelques conseils peuvent déjà nous permettre de ne plus subir l’influence de règles qui nous contraignent et d’aller à la rencontre de facultés insoupçonnées. L’essayiste nous apprend encore que c’est en nous appuyant sur nos connaissances que nous pouvons avoir assez confiance en nous pour écouter notre intuition et prendre des décisions. Comme celle de remettre en question sa carrière et de chercher comment l’on pourrait enfin s’accomplir tout en travaillant.

Le livre cite l’exemple de nombreux cadres commerciaux ou ingénieurs, rencontrés lors d’interventions en entreprise. Ils lui confient avoir « le sentiment diffus de passer à côté de leur vie » et de ne pas pouvoir « devenir ce qu’ils sont » en exerçant leurs fonctions. Ils travaillent « coupés d’eux-mêmes, de leur talent propre ». 

C’est pourquoi alors que nous restons effrayés par l’échec, nous devrions l’être plus encore de mourir à petit feu sous le poids d’un quotidien insatisfaisant. Vivre sans prendre de risque n’est finalement pas vivre. Une telle existence se voit amputée de tant de découvertes et de joies.

Mais surtout, ce serait passer à côté de soi. Car selon lui « Il n’y a pas de risque plus grand que de ne pas essayer, et de voir venir la mort sans savoir qui l’on est ».

J’espère que cet éclairage sur le livre de Charles Pépin vous aidera à vous libérer de l’emprise de l’échec sur votre vie comme il l’a fait pour moi.

Pour ne rien gâcher, si vous êtes friand de citations, ce livre vous comblera et bien qu’il s’agisse de philosophie la lecture en est très facile. Promis, pas de prise de tête en vue, seulement un regain d’énergie !

Il n’est jamais trop tard pour changer, oser être soi et vivre sans regret.

Elorri, 33ans, en reconversion

 

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