Adulte à Haut Potentiel : et si vous aviez le Profil ?

HP adulte a haut potentiel de kermadec

« Votre temps est limité, ne le gaspillez pas à vivre la vie de quelqu’un d’autre. Ne vous laissez pas piéger par les dogmes, c’est-à-dire vivre avec le résultat de la pensée des autres.

Ne laissez pas l’opinion des autres noyer votre voix intérieure. Et, le plus important, ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition.

Tout le reste est secondaire.

Il faut que vous trouviez ce que vous aimez. »

Steve Jobs cité par Monique de Kermadec, L’Adulte surdoué. Apprendre à faire simple quand on est compliqué, Albin Michel, 2019, p. 8

Monique de Kermadec, une psy au secours des adultes surdoués

Ça y est ! J’ai lu pour vous le best-seller de la psychologue Monique de Kermadec, L’Adulte surdoué. Apprendre à faire simple quand on est compliqué.

La raison qui m’a donné envie de vous faire une synthèse des points clés de ce livre, c’est que je parierais que certains d’entre vous vont se reconnaître.

Et peut-être tomber des nues en se découvrant un profil de surdoué.

Oui, une des caractéristiques des adultes à haut potentiel, c’est justement de faire profil bas, de ne pas croire à sa grande intelligence, voire de se dénigrer.

Parfois même de plonger dans l’échec, la tristesse, la dépression.

Et ce, non seulement parce qu’ils sont surdoués, mais aussi parce qu’ils ignorent leur « douance », leur trésor.

Le but de Monique de Kermadec est précisément de venir en aide à ceux qui se sentent « bizarres », « décalés », « différents », « zèbres ».

En anglais on dit d’un surdoué qu’il est « gifted », à savoir, littéralement, qu’il est porteur d’un don, d’un cadeau fait par la vie.

Ce livre ne se substitue pas un test de QI ni à une psychothérapie.

Il est un premier pas pour se révéler à soi-même, enfin toucher du doigt ce bonheur si difficile à entrevoir quand on est adulte surdoué, sans repères dans une société qui ne fonctionne pas comme nous.

Quels que soient votre vie passée, votre situation actuelle, votre sexe, votre âge, il n’est jamais trop tard.

La réponse à tant de questions restées en suspens est peut-être dans ce qui suit.

L’adulte surdoué : ces signes qui ne trompent pas

Qui sont donc ces adultes hors norme, littéralement « extra-ordinaires » ?

Adulte-Zebre-Haut-Potentiel

Quels sont les signes qui permettent d’identifier un haut potentiel ? Y a-t-il des « symptômes » de la douance (ce n’est pas une maladie, je vous rassure !) ?

Bien sûr, chaque individu à haut potentiel est différent, chacun vit sa douance à sa façon.

Cela dépend du milieu dans lequel il a grandi, de son expérience, de sa propre personnalité, de ceux dont il a croisé le chemin…

Mais, forte de 25 ans d’expérience, Monique de Kermadec a pu dresser un tableau clinique fiable, un « portrait-robot » psychologique de l’adulte surdoué.

Elle a dégagé une cinquantaine de caractéristiques récurrentes qu’elle a classées en cinq catégories.

Je vous présente ici une sélection de ces traits de personnalité en reprenant sa classification et sa terminologie.

Cela ne remplace pas la lecture de son livre, mais vous aurez déjà quelques pistes fiables pour aller plus loin si vous vous reconnaissez ou si vous reconnaissez un proche.

Au niveau de l’intelligence cognitive

– Capacité exceptionnelle à raisonner et goût pour le raisonnement

– Indépendance d’esprit dans l’apprentissage, tendance à l’autodidactisme

– Capacité de travailler en même temps, intellectuellement, sur plusieurs sujets, disciplines

Au niveau de l’intelligence émotionnelle

– Hypersensibilité

– Sens aigu de l’humour, du comique de situation

– Ouverture aux expériences nouvelles

Au niveau de l’intelligence relationnelle

– Propension au non-conformisme

– Sentiment d’une différence, d’un décalage avec les autres

– Sentiment d’enfermement et de solitude

Au niveau de l’intelligence créative

– Grande originalité dans l’imagination, la création

– Curiosité insatiable

– Tendance à connecter entre elles des idées traditionnellement opposées ou indépendantes, à établir des liens originaux

Au niveau des exigences morales

– Perfectionnisme, haute exigence pour soi et pour les autres

– Questionnements mystiques, recherche de la vérité, quête de sens

– Grande lucidité et indignation pour les conduites immorales, hypocrites, les injustices. Grand sens de l’intégrité et de l’honnêteté

Adulte surdoué : chance ou fardeau ?

Si vous vous reconnaissez dans le majorité de ces traits, il serait vraiment intéressant pour vous d’aller plus loin pour savoir si vous avez bel et bien un haut potentiel intellectuel.

Si tel est le cas, vous avez peut-être eu la chance de naître dans un milieu social qui a su voir et mettre en valeur votre différence et vos capacités exceptionnelles.

Un milieu qui ne vous a pas enfermé dans un moule et vous a laissé la liberté de déployer vos ailes, de vous accomplir dans votre vie professionnelle, amoureuse, sociale.

Vous avez des amis qui vous ressemblent, avec lesquels vous pouvez partager votre enthousiasme et vos passions.

Vous êtes en couple avec quelqu’un qui vous connaît et vous accepte totalement.

Vous êtes créatif, peut-être artiste, entrepreneur, engagé dans des causes qui vous tiennent à cœur.

Vous avez trouvé votre mission de vie, votre ikigaï. (d’ailleurs, avez-vous déjà reçu votre guide gratuit ?)

Malheureusement, pour beaucoup d’adultes surdoués, l’histoire est tout autre.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les surdoués ne sont pas forcément des gagnants. Ils connaissent même souvent l’échec scolaire ou professionnel.

En fait, en raison de sa grande intelligence, de sa clairvoyance, de son caractère entier, hypersensible, l’ado ou l’adulte à haut potentiel est souvent ostracisé, moqué, incompris.

Quelque part il fait peur, parce qu’il est « trop » : trop créatif, trop émotif, trop passionné, trop impulsif, trop curieux, trop tout…

Dans la vie professionnelle, l’adulte surdoué a souvent du mal à se faire accepter.

En particulier quand il travaille dans des administrations ou des entreprises où les créatifs et les originaux sont perçus comme des trublions ou des dangers pour le groupe.

Résultat : nombreux sont les adultes surdoués qui restent dans la souffrance, faute d’avoir été diagnostiqués ou tout simplement légitimés dans leur différence.

Nombreux sont ceux qui ont muselé leurs talents pour répondre aux attentes de leur famille et aux exigences de la société.

Ne trouvant pas la reconnaissance dans les yeux des autres, ils ont perdu confiance en eux.

Ils se sont adaptés pour éviter les conflits, ont joué les « bons élèves » depuis leur enfance pour se faire accepter, aimer.

Et ils attendent sagement la permission de vivre enfin leur vie.

Pire, certains se sont résignés, ont laissé s’éteindre leur potentiel et se sont murés dans la solitude, la mélancolie, les idées noires.

Mais…

Parce qu’il y a toujours un « mais »…

Ce n’est pas la fin de l’histoire.

Ce n’est même que le début.

En finir avec le faux self

Déjà, si vous lisez ces lignes pour vous ou pour un proche (ce sont souvent les proches qui font le premier pas), vous êtes sur la bonne voie.

Car, bizarrement, un des « mécanismes de défense » propre au surdoué est de nier ses dons pour passer inaperçu.

 « Fatigué du dilemme auquel il est constamment confronté : se faire remarquer en exposant ses idées ou se taire et se fondre dans la masse » (p. 22), l’adulte surdoué, souvent, baisse les bras.

Et il passe alors à côté de sa vie parce qu’il ne sait pas qui il est.

Il pense qu’en agissant comme les autres, il se fera aimer (rappelons que ce sont de grands sensibles).

Or, c’est un piège.

Parce qu’en se construisant une image « conforme » aux normes sociales, il se fait « aimer » pour ce qu’il n’est pas.

Et personne ne peut trouver le bonheur si les autres aiment un masque, un costume de scène, un personnage.

« J’aimerais être aimé pour moi-même » est l’une des phrases que Monique de Kermadec a

Self et faux self

Qu’est-ce que le self ?

Monique de Kermadec, et d’autres psychologues et psychanalystes avant elle, ont résumé théoriquement cette question en termes de « self » et de « faux self ».

Le self désigne l’image que le sujet se fait de lui-même, la manière dont il se définit.

Le self, explique la psychologue, est le « fruit d’une conscience de soi qui se développe […] tout au long de la vie ; il s’aiguise avec le temps, avec la capacité de penser l’abstraction » (p. 103).

Le self est « soumis aux influx émotionnels, aux désirs de cohérence, de quête d’un sens global nécessaire à l’équilibre individuel ».

Pour le célèbre psychologue américain Donald Winnicott, « seul le vrai self peut être créateur et seul le vrai self peut être ressenti comme réel ».

Et le faux self ?

La construction d’un faux self est un processus normal, nécessaire même, dans la construction de l’identité de tout un chacun, surdoué ou pas.

Le faux self est la personnalité que nous nous construisons, dès l’enfance, en fonction du regard des autres (famille, école, société).

Si tout se passe bien, le faux self est là pour protéger le self de manière positive. Il est une façon, pour l’individu, d’apprendre les codes de sa société pour bien s’y intégrer et se faire accepter.

Et, si tout se passe bien encore, self et faux self cohabitent et se développent harmonieusement.

Quand self et faux self entrent en conflit

Dans le cas des adultes surdoués, ça se corse.

Le processus est beaucoup plus douloureux.

Pourquoi ?

Parce que, dans leur cas, le décalage entre ce qu’ils sont (le self) et ce que la société leur demande d’être (le faux self) est trop important.

Parce que le self de l’adulte à haut potentiel, qui s’est manifesté dès l’enfance, n’a souvent pas été validé par les proches.

Ces derniers (parents et enseignants surtout) ont perçu les comportements hors-normes de l’enfant surdoué comme des défauts à corriger.

Des conduites dangereuses pour l’harmonie de la famille ou la stabilité du groupe.

Or, s’il n’est pas reconnu, validé, légitimé, apprécié dès l’enfance, le self de l’adulte surdoué va se sentir nié, mal aimé, dénigré.

Et un mécanisme de défense va se mettre en place pour venir à la rescousse de l’individu, au cours duquel le faux self va progressivement prendre le dessus.

Et entrer en conflit avec le self.

Et diriger la vie de l’adulte surdoué, l’empêcher de construire une image positive de lui-même.

Parfois, l’adulte surdoué étouffe tellement ses dons qu’il mène une vie bien en dessous de ses capacités.

Parfois, il se laisse aller à l’aboulie, se terre dans l’inaction.

Parfois aussi, le faux self joue tellement bien son rôle que personne ne se rend compte de la souffrance intérieure de l’adulte surdoué.

Dans ce cas-là, le faux self joue tellement bien son rôle que l’adulte surdoué reflète, depuis l’enfance, une image parfaite.

« Cet enfant est formidable ! » s’exclament les parents avec ravissement devant sa réussite scolaire.

Il fait ensuite des études brillantes pour continuer de susciter les applaudissements de la famille.

Il accède à des postes élevés, acquiert une « bonne situation ».

Mais, au fond de lui, quelque chose ne va pas.

Il se rend compte au fil des ans, en son for intérieur, qu’il ne pourra pas continuer comme ça toute sa vie.

Qu’il a une flamme qui le brûle, une flamme créative qui veut jaillir !

Une envie folle de se défaire de son masque, d’en finir avec le jeu social, les convenances…

Il veut enfin être lui-même.

Vivre sa vie.

En finir avec le faux self : de l’ombre à la lumière.

Et vivre sa vie demande du courage, un courage immense pour ces adultes qui se sont niés des décennies entières.

Ils se sentent coupables.

Coupables de vouloir laisser une situation professionnelle confortable pour se reconvertir.

Coupables de déstabiliser leur famille, leur couple. De décevoir leurs parents. De se susciter l’incompréhension.

Ils ont passé leur vie à se conformer aux attentes de la société et voilà qu’ils doivent « tuer » symboliquement ce faux self qui leur servait de bouclier.

Voilà qu’il leur faut changer de système, se mettre à nu.

Et c’est douloureux.

Pas facile de rétablir un contact direct avec ce soi profond que l’on a évité pendant tant d’années durant.

Pas facile de prendre le risque de sortir de sa zone de confort, d’essuyer les critiques, de cesser de chercher l’approbation générale.

Mais si Monique de Kermadec a consacré sa vie à aider ces adultes hors normes, si elle a publié ce livre et d’autres, si elle exerce avec passion depuis 25 ans, c’est qu’elle croit au bonheur.

Elle sait que ses patients, de même que tous les adultes surdoués, même diagnostiqués tardivement, peuvent trouver le bonheur.

Ils ont tout ce qu’il faut pour laisser s’épanouir leurs richesses, leurs talents, leur singularité, leur créativité. Montrer leur vrai visage. S’aimer. Avoir des relations apaisées avec les autres.

Sortir de l’ombre et attirer la lumière.

Adulte à haut potentiel : quand et pourquoi consulter ?

Le diagnostic comme point de départ

Bonne nouvelle : il n’est jamais trop tard pour se découvrir un profil d’adulte surdoué. Les dons sont là. Ils ne s’émoussent pas avec le temps.

Ils font partie de vous.

Et il ne tient qu’à vous, si vous êtes concerné, de faire le premier pas, de vous documenter, de consulter un psychothérapeute spécialisé (ils ne sont pas très nombreux en France, même si la question intéresse de plus en plus).

Éventuellement, vous sentirez le besoin de passer des tests pour valider votre haut potentiel et rendre légitime votre différence, la nommer.

Le diagnostic est la première étape d’un long cheminement d’apprivoisement et de réinvention de soi.

Les outils pour se connaître

Il existe de nombreux outils pour aider les adultes à détecter leur haut potentiel :

– Les ouvrages de spécialistes comme Jeanne Siaud-Facchin, Cécile Bost ou Mary Elaine Jacobsen (en anglais seulement !), pour aider à y voir plus clair.

– Le test WAIS (ou « test de QI »), pour évaluer les capacités intellectuelles.

– Le test BarOnEQ-1, qui mesure l’intelligence émotionnelle ; le livre de Daniel Goleman, L’Intelligence émotionnelle. Accepter ses émotions pour développer une intelligence nouvelle est un incontournable en la matière.

– La pratique de la « psychologie positive » est d’une grande aide pour travailler l’intelligence relationnelle ou sociale des adultes surdoués, souvent mal à l’aise en société.

Plusieurs ouvrages importants ont été publiés à ce sujet : L’Art d’être bon de Stephan Einhorn, L’Apprentissage du bonheur de Tal Ben-Sharar ou encore La Nouvelle science du succès deKarl Albrecht.

La consultation d’un clinicien spécialisé aidera l’adulte surdoué à se poser les bonnes questions : suis-je normal ? Pourquoi suis-je si seul ? D’où vient cette tristesse, ce sentiment de frustration ? D’où vient cette culpabilité ? Comment puis-je être heureux ?…

Le psychologue aidera aussi l’adulte à haut potentiel à adopter des comportements particuliers, à intégrer de nouvelles postures mentales bénéfiques pour lui-même et en adéquation avec le reste de la société.

– Une fois posé le diagnostic, il est important pour l’adulte surdoué de nouer des relations sociales enrichissantes, de partir à la recherche de sa propre tribu.

Il peut adhérer, pour cela, à des associations telles que MENSA Society, Mega Society, Triple Nine Sty, Prometheus Sty, Colloquy…

Le goût du bonheur

La libération du self et l’acceptation de soi passent généralement par une série de phases typiques comme le déni, le refus, la colère, la culpabilité, la peur de l’échec.

L’adulte surdoué devra affronter son faux self, apprendre à être plus tolérant envers lui-même, renouer avec l’authenticité, accepter de se retourner sur son passé, modifier certains de ses comportements…

Ce sont des étapes nécessaires pour consolider la confiance, l’estime de soi, se comprendre, s’exprimer librement et en toute honnêteté, dompter les émotions fortes, canaliser sa créativité.

Au terme de ce processus de redécouverte et de transformation de soi, les adultes surdoués ont toute leur chance de s’épanouir pleinement, de faire rayonner leurs talents.

Ils peuvent enfin trouver une voie professionnelle qui leur convient, laisser jaillir leur créativité, développer des relations solides et entières, trouver l’âme sœur.

Ils goûtent enfin au « bonheur d’être soi » (voir Moussa Nabati, Le Bonheur d’être soi).

« Si vous voulez être heureux, soyez-le ! » (Léon Tolstoï), telle est l’ordonnance que Monique de Kermadec propose en guise de conclusion… et s’il était temps de passer à l’action !?

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